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les pages de ode

Vendredi 18 mai 2012 à 15:42

 
Pourquoi être belle s’il n’y a personne pour me regarder ? A quoi sert d’être mince s’il n’y a personne pour m’aimer ?

Mes doigts dans la gorge comme une corde à mon cou, je voudrais me remplir d’amour et ne fais qu’en vomir le manque. Je voudrais me sentir vide, comme un nouveau commencement. Au lieu d’un baiser, ses mes doigts sur la bouche et jusqu’au fond du cœur je meurs.

Dans mon assiette tout m’écœure rien ne me donne envie mais ne serait ce pas plutôt dans ma vie ? Envie de tout, envie de rien et vomir pour me faire du bien. Tous les jours devant la glace je regarde mon ventre, j’aimerais tant qu’il disparaisse…source du monde et de mes problèmes, mes doigts dans la bouche pour qu’il saigne. On m’aime pourtant, je le sais, alors qui pourrait m’expliquer ce besoin de me faire mal. Dans ma tête tant de pensées que je ne contrôle pas, tout ce mélange, la tête dans la cuvette, je me vide de mes joies et peines pour ne laisser que du blanc.

J’entends de tout côté anorexie et boulimie, toutes ses filles dont le regard est le mien…toutes celles dont je ne sais rien et qui me ressemble. Nom de maladie alors que rien n’est plus faux, juste l’envie d’un renouveau loin de ce corps que l’on n’aime pas, loin de cette vie que l’on ne reconnaît pas.

Je voudrais juste être bien, je n’attends que toi, peut-être alors qu’un baiser sur la bouche, m’ôtera l’envie d’y laisser les doigts.

 Fin



(je tiens à préciser que ce texte ne fait pas l'apologie de l'anorexie et je ne veux pas qu'on s'en serve en ce sens, merci :-)

Jeudi 3 mai 2012 à 10:52

On est tous un peu écrivains, et on a tous commencé quelque chose qu'on ne finit jamais.
Michèle Blouis

...une bibliothèque, c'est un des plus beau paysage du monde.

Jacques steinberg

Il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l'on t'a confisqué.
Yasmina Khadra

Cette histoire est vraie, puisque je l'ai inventée.
Boris Vian

Lire est le seul seul moyen de vivre plusieurs fois.
Pierre Dumazet


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Vendredi 20 avril 2012 à 16:09

       Je voudrais me perdre dans ce jardin, n’être rien d’autre que le vent glissant sur les chemins pavés, bordés de plantes vertes aux noms inconnus.
      L’été je serais chaud et assécherais les rivières, ne laissant qu’un filet d’eau couler le long des pierres humides et brunes, comme une cascade en fin de vie.
       Le soir je m’apaiserais, me faisant plus doux, plus frais. Je m’adosserais aux troncs noirs partiellement craquelés des majestueux oliviers.
      Au printemps, telle une caresse, je poserais mon souffle sur les vieilles statues de pierre blanche, je me laisserais aller sur les vieux monuments. J’habiterais  le temple de Diane, sentirais presque la présence des illustres romains…
        Pour compagnon de ces journées sans fin, j’aurais le léger clapotis de l’eau, le chant murmuré des oiseaux et au lointain le brouhaha des conversations de toutes ces personnes anonymes qui se baladent dans les jardins.
      Je sourirais à la vue des enfants aux boucles blondes courant vers les cygnes. Je soufflerais, doucement attendri, sur le visage des vieillards en paix et mélancoliquement, avec regret, je regarderais ces couples d’amoureux passer.
      Je voudrais me perdre dans ce jardin ou disparaître dans les eaux troubles du quai qui borde « les jardins de la fontaine ».

Vendredi 23 mars 2012 à 16:24

Le livre : Mamy Grand de Sylvie Arnoux, Editions KIROGRAPHAIRES, 146 pages, 17,45 €.
 
Présentation : Le temps d’une nuit, la dernière passée au chevet de sa grand-mère, l’auteur replonge en enfance. Dans un aller-retour permanent entre l’instant présent et le passé, elle revit les nombreux moments de complicité qu’elles ont partagés.
Nous les suivons au gré de leurs voyages entre Drôme et Ardèche, de la vallée du Rhône au rude plateau Ardéchois. L’auteur redevient la petite fille à l’imagination débordante et nous offre ses souvenirs comme autant de madeleines de Proust à déguster.
Les souvenirs s’égrènent au fil des heures, tissant une bulle affective et protectrice autour de l’adulte qu’elle est devenue et de l’enfant qui sommeille toujours en elle.
 
Cette critique a été rédigée par Ode Colin, auteur du blogue http://lespagesdeode.cowblog.fr que nous vous invitons à découvrir.
 
Que dire de ce joli roman ? Grâce à l’auteur et ses souvenirs d’enfance, j’ai pu revivre des bouts de chemin vécus comme elle, avec ma grand-mère.
L’émotion se fait discrète, on la devine presque pudique dans chaque mot, chaque instant que la petite fille passe avec sa mamie.
Il y a beaucoup d’amour dans ces pages…beaucoup de beaux moments que Sylvie Arnoux partage sans compter avec nous.
C’est l’histoire d’une veillée…d’une famille qui se relaie auprès d’un être cher qui va mourir et alors que tout cela pourrait être triste ou larmoyant, au fil des pages, c’est avant tout la vie qui est célébrée ; tout cela au travers de l’affection d’une petite fille envers sa grand-mère.
Le livre est plein de senteurs du sud, on y devine le soleil chaud qui pèse sur les petits villages, on peut presque voir les ancêtres de la commune qui de leur perron observent la jeunesse rire et jouer le long des rues.
Et puis tout le long de cette mémoire d’adulte se rappelant l’enfant qu’elle a été, il y a celle qui relie chaque mot, chaque sourire, chaque souvenir…LA GRAND-MERE, notre grand-mère à tous car nous avons tous eu de ces goûters magiques ou des petits moments privilégiés qu’on se remémore avec douceur.
En conclusion, merci aux Agents Littéraires qui m’ont permis de découvrir ce jolie voyage dans les souvenirs de l’auteur et merci aux Editions Kirographaires de m’avoir confié le soin de commenter cette histoire.
J’espère que Sylvie Arnoux n’hésitera pas à écrire un nouveau livre car son style d’écriture est agréable à lire (une littérature que j’appelle du cœur) et l’on se sent bien dans sa région (entre Drôme et Ardèche) qu’elle décrit si bien au travers de quelques anecdotes pleines de charmes.
Voilà, je suis ravie que ma première ˝critique˝ pour le site des Agents Littéraires ai commencé par ce qui est un premier roman réussi. 
 
 
Extrait : Quand je regarde tes yeux sur la photo, je me demande ce que tu penses vraiment au fond de toi. Comment envisageais-tu la vie qu’il te restait à vivre au moment du cliché ? Je me pose tellement de questions sur le temps qui passe, sur la vieillesse.
Je me dis qu’enfant, on regarde la vie naïvement, comme un train qui défile. On s’imagine plus tard, on se projette dans notre vie d’adulte. On se dit qu’à vingt ans, on sera enfin libre de faire ce qu’on veut. A quarante ans, on se voit déjà un peu vieux, installé dans une gentille maison avec des enfants, le chien et le chat. A soixante, j’imagine que le regard doit porter vers le passé plus que vers l’avenir. Et après ? On ne pense même pas à l’après.
 
Et s’il fallait mettre une note, ce serait : 4/5

Vendredi 16 mars 2012 à 10:17

    Et voilà, je voudrais te dire quelques mots…encore. J’aimerais te parler de nous et que tu m’entendes. C’est si dur d’exprimer à quelqu’un ce que l’on ressent. Bien entendu, je te l’ai déjà dit…fait comprendre, mais cette fois c’est différent. J’ai  mal de nous.
Il y a des mots que je souhaiterais te dire et je m’y refuse, tellement peur que tu les rejettes. Nous deux, ce ne sont pas que des lettres assemblées, c’est un morceau de nos vies qui s’est construit petit à petit. Qu’est-ce qu’il en reste aujourd’hui ? Tu as tout détruit, tout reconstruit…avec une autre. Et moi dans tout ça ? Je traîne ma peine. Je t’ai tout donné, tu as tout pris, ne me rendant qu’un cœur à vif. Au bout de ses longs mois, il continue de saigner ton nom. J’ai tout fait pour aller mieux, pour ne plus pleurer, je t’assure. J’aurais voulu pouvoir cacher ce trop-plein d’amour pour toi…surtout aujourd’hui, surtout pour elle…Clara. Si je pouvais faire semblant…mais non, tu es dans tout ce que je fais, dans mes rencontres, mes blessures. Je m’en veux de te laisser voir un amour qui pour toi n’existe pas.
Pardonne-moi de ne pas t’oublier, de t’aimer, te détester. Si tu y arrives, je te pardonnerais de n’être qu’Antoine et pas cet homme que j’ai aimé assis sur son banc, au premier regard. J’écoute Abba, « Dancing Queen ». J’ai envie de mordre mon oreiller pour m’empêcher de pleurer. Je pense à toi…un peu à elle. Dommage que je la connaisse, j’ai son visage qui se superpose au tien et ça fait mal. Je fais pas exprès de ressentir ça pour toi, si je pouvais m’en guérir, ne plus souffrir. Parfois malgré le fait que c’est à travers toi que j’ai découvert l’amour, je regrette de t’avoir rencontré, de t’avoir aimé avec ton pantacourt et tes lunettes noires. Si j’avais pu prévoir le mal que t’aimer m’as fait, je ne t’aurais pas laissé me raccompagner dans ta vielle Citroën aux couleurs fatiguées. Tant pis pour les instants de bonheur qu’il y a eu, ça ne compense pas les nuits à me souvenir de ce qui n’est plus.
Je voudrais pouvoir renier ton nom, te haïr, être indifférente à ton sourire. Je peux juste tenter de faire semblant. J’aurais adoré pouvoir être une autre dont tu serais tombé amoureux. Je te déteste de me faire ressentir ça.
La chanson est finie, mais pas ma danse pour toi.


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