Le livre : Mamy Grand de Sylvie Arnoux, Editions KIROGRAPHAIRES, 146 pages, 17,45 €.
Présentation : Le temps d’une nuit, la dernière passée au chevet de sa grand-mère, l’auteur replonge en enfance. Dans un aller-retour permanent entre l’instant présent et le passé, elle revit les nombreux moments de complicité qu’elles ont partagés.
Nous les suivons au gré de leurs voyages entre Drôme et Ardèche, de la vallée du Rhône au rude plateau Ardéchois. L’auteur redevient la petite fille à l’imagination débordante et nous offre ses souvenirs comme autant de madeleines de Proust à déguster.
Les souvenirs s’égrènent au fil des heures, tissant une bulle affective et protectrice autour de l’adulte qu’elle est devenue et de l’enfant qui sommeille toujours en elle.
Que dire de ce joli roman ? Grâce à l’auteur et ses souvenirs d’enfance, j’ai pu revivre des bouts de chemin vécus comme elle, avec ma grand-mère.
L’émotion se fait discrète, on la devine presque pudique dans chaque mot, chaque instant que la petite fille passe avec sa mamie.
Il y a beaucoup d’amour dans ces pages…beaucoup de beaux moments que Sylvie Arnoux partage sans compter avec nous.
C’est l’histoire d’une veillée…d’une famille qui se relaie auprès d’un être cher qui va mourir et alors que tout cela pourrait être triste ou larmoyant, au fil des pages, c’est avant tout la vie qui est célébrée ; tout cela au travers de l’affection d’une petite fille envers sa grand-mère.
Le livre est plein de senteurs du sud, on y devine le soleil chaud qui pèse sur les petits villages, on peut presque voir les ancêtres de la commune qui de leur perron observent la jeunesse rire et jouer le long des rues.
Et puis tout le long de cette mémoire d’adulte se rappelant l’enfant qu’elle a été, il y a celle qui relie chaque mot, chaque sourire, chaque souvenir…LA GRAND-MERE, notre grand-mère à tous car nous avons tous eu de ces goûters magiques ou des petits moments privilégiés qu’on se remémore avec douceur.
En conclusion, merci aux Agents Littéraires qui m’ont permis de découvrir ce jolie voyage dans les souvenirs de l’auteur et merci aux Editions Kirographaires de m’avoir confié le soin de commenter cette histoire.
J’espère que Sylvie Arnoux n’hésitera pas à écrire un nouveau livre car son style d’écriture est agréable à lire (une littérature que j’appelle du cœur) et l’on se sent bien dans sa région (entre Drôme et Ardèche) qu’elle décrit si bien au travers de quelques anecdotes pleines de charmes.
Voilà, je suis ravie que ma première ˝critique˝ pour le site des Agents Littéraires ai commencé par ce qui est un premier roman réussi.
Extrait : Quand je regarde tes yeux sur la photo, je me demande ce que tu penses vraiment au fond de toi. Comment envisageais-tu la vie qu’il te restait à vivre au moment du cliché ? Je me pose tellement de questions sur le temps qui passe, sur la vieillesse.
Je me dis qu’enfant, on regarde la vie naïvement, comme un train qui défile. On s’imagine plus tard, on se projette dans notre vie d’adulte. On se dit qu’à vingt ans, on sera enfin libre de faire ce qu’on veut. A quarante ans, on se voit déjà un peu vieux, installé dans une gentille maison avec des enfants, le chien et le chat. A soixante, j’imagine que le regard doit porter vers le passé plus que vers l’avenir. Et après ? On ne pense même pas à l’après.
Et s’il fallait mettre une note, ce serait : 4/5